Ancien bobeur, passé par Toulon et le XV de France, Thibault Giroud est aujourd’hui le directeur de la performance de l’Union Bordeaux-Bègles. Derrière son calme impressionnant, il façonne la réussite à sa manière : une rigueur millimétrée. Partout où il passe, les résultats suivent. Un hasard ? Lui préfère parler de cohérence.

Tranquille, imposant, Thibault Giroud s’installe avec une assurance contenue. Sa voix, grave et maîtrisée, impose l’écoute. Bras croisés ou en mouvement, il dégage une énergie calme mais dense. “Je ne crois pas à une recette, mais à une vision”, dit-il.
À 51 ans, l’ancien bobeur olympique a fait de la précision son moteur. De Biarritz à Toulon, du XV de France à Bordeaux, il laisse la même empreinte : celle d’un bâtisseur de l’ombre. “On parle souvent de méthode, moi je vois un plan. Dans mon travail, chaque détail compte, du geste au rythme de la semaine.”
Du sport de glisse à la science du collectif
Né à Grenoble, Thibault Giroud découvre très tôt le goût de l’effort. « Je n’étais pas un surdoué, mais j’ai toujours aimé me donner à fond », confie-t-il.
Avant de trouver dans la préparation physique son terrain d’expression, il a touché à tout : le football américain aux États-Unis, le bobsleigh à Monaco, et même la sécurité privée sur la Côte d’Azur. Une vie à 200 à l’heure, guidée par une seule idée : ne jamais rester immobile.
« Le bob m’a appris la précision, le football américain l’impact. Deux mondes différents, mais la même obsession du geste parfait », raconte-t-il, le regard planté droit devant.
Ces expériences ont forgé sa philosophie : le travail avant le talent, la rigueur avant la gloire. « Je ne crois pas à une recette, mais à une vision. Ce qui compte, c’est de comprendre pourquoi on fait les choses. »
À l’UBB, le plan Giroud
Depuis 2023, Giroud a trouvé à Bordeaux un terrain à sa mesure. Aux côtés de Yannick Bru, il structure l’ensemble du projet sportif du club. « Ce qu’on essaie de construire ici, c’est une culture de la performance durable. Pas juste faire courir plus vite, mais faire réfléchir différemment. » Il a repensé les journées d’entraînement, introduit des suivis individualisés, et rapproché le staff technique, médical et physique. « Les joueurs arrivent à neuf heures, à quatorze heures trente, c’est fini. On garde l’intensité sans perdre le volume », détaille-t-il. Autour de lui, il côtoie des internationaux, des leaders, des talents confirmés. “Travailler avec de grands joueurs, c’est un luxe, mais aussi une responsabilité. Tu ne peux pas leur vendre du vide : ils sentent tout. Ils te testent, ils t’écoutent, ils te jugent sur la cohérence.” Ce rapport direct, presque d’égal à égal, alimente sa vision : la performance comme un langage commun entre staff et joueurs. “Si je ne comprends pas le projet de jeu, et que le coach ne comprend pas ma logique, rien ne marche.”
À Bordeaux, il pose les bases d’un modèle pensé pour durer, un système où chaque détail compte, du sommeil à la charge d’entraînement.
Quand il se lève, l’énergie reste la même : calme, tendue, lucide. Il n’aime pas le mot “recette”, encore moins celui de “miracle”. Mais à voir son influence à l’UBB, une chose est sûre : le succès, lui, ne doit rien au hasard.