Du confinement au fauteuil de barbier : comment Arthur a transformé une passion en métier

Le confinement de 2020 a bouleversé le quotidien de nombreux jeunes. Pour certains, ce fut une période d’ennui, pour d’autres, une opportunité. C’est le cas d’Arthur, 22 ans, qui a découvert sa vocation de barbier en coupant les cheveux et taillant les barbes de ses proches pendant cette période inédite. Aujourd’hui, il exerce son métier avec passion dans un salon bordelais. Rencontre avec un barbier qui a su transformer une simple envie en véritable carrière.

Journaliste : À seulement 22 ans, tu es déjà barbier. Comment en es-tu arrivé là ?

Arthur : Ça a commencé assez tôt pendant le confinement. À l’époque, les coiffeurs étaient fermés, et beaucoup de mes potes avaient besoin d’une coupe ou d’un rafraîchissement de barbe. C’est dans les toilettes du lycée que j’ai commencé à couper les cheveux et tailler la barbe de mes potes pour le fun. J’ai commencé à regarder des tutos, à tester différentes techniques sur mes frères et mes potes. Et puis, ils ont commencé à me dire que je me débrouillais vraiment bien. Après le bac, je me suis formé en apprentissage dans un salon, et depuis, je n’ai jamais lâché.

Justement, la formation, ça se passe comment pour devenir barbier ?

Il y a plusieurs chemins possibles, mais moi j’ai choisi l’école Sylvia Terrade coiffure en alternance. Ensuite, j’ai fait des formations à droite à gauche pour me perfectionner dans la taille de la barbe, les dégradés, l’entretien de la peau. C’est un vrai savoir-faire qui demande de la précision. Et faut avoue que j’ai eu la chance de bosser avec des pros qui m’ont appris les vraies techniques et les gestes précis.

Qu’est-ce qui t’a attiré dans le métier de barbier en particulier ?

C’est un tout, une coupe de cheveux, c’est rapide, mais une barbe bien taillée, ça demande de la précision, du style, du savoir-faire. Il faut adapter la forme à chaque visage, choisir la bonne longueur, travailler les contours. Et puis, il y a aussi l’ambiance du métier. Un barber shop, c’est un endroit où les gens viennent prendre du temps pour eux, discuter, se détendre.

On imagine souvent le barbier comme un métier un peu « vintage ». Est-ce que c’est encore le cas aujourd’hui ?

Oui et non. Il y a un retour du barbier à l’ancienne, avec des fauteuils vintages, des blaireaux et des serviettes chaudes, mais on mixe ça avec des techniques modernes. Les gens veulent une expérience, pas juste une coupe. Ils viennent pour le style, les conseils, l’ambiance.

Et c’est quoi, une bonne coupe de barbe ?

Ça dépend de la morphologie du visage, des préférences du client, mais surtout de l’entretien ! Une belle barbe, c’est une barbe entretenue. J’explique souvent aux clients comment la tailler entre deux rendez-vous, quels produits utiliser. Une bonne coupe, c’est 50 % mon travail, 50 % l’entretien qu’ils font chez eux.

Tu te vois où dans 5 ans ? ouvrir ton propre salon ?

Ça dépend des objectifs. Moi, je bosse dans un salon mais j’aimerais ouvrir le mien plus tard. C’est du taf c’est sûr : il faut gérer la clientèle, la compta, la communication sur Insta Ce n’est pas juste couper des cheveux !

Justement, les réseaux sociaux, ça joue un rôle important dans ton métier ?

Carrément ! Aujourd’hui, un barbier sans Insta, c’est compliqué. Les gens veulent voir des avant après, des vidéos de coupes, des conseils… C’est une vitrine. Il y a des clients qui viennent me voir parce qu’ils ont aimé mon taf sur Instagram.

Pour finir, c’est quoi le moment que tu préfères dans ton métier ?

Sans hésiter, le moment où le client se regarde dans le miroir et dit : “Incroyable, c’est vraiment propre ! ” Certains arrivent avec une barbe en vrac et repartent avec un style propre, net, qui leur donne confiance en eux. C’est hyper satisfaisant. Et puis, il y a aussi le lien qu’on crée avec les clients. On discute, on rigole, et on se fait des amis

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