Biscarrosse : un agent de sécurité condamné pour usage abusif de gaz lacrymogène

Le tribunal correctionnel de Mont-de-Marsan a jugé ce jeudi 30 janvier un agent de sécurité pour avoir fait usage de gaz lacrymogène lors d’une altercation dans un bar de Biscarrosse-Plage, en pleine saison estivale.
Le 24 août 2009, la terrasse bondée d’un bar de Biscarrosse devient le théâtre d’une altercation. Un apprenti cuisinier en vient aux mains avec un groupe de trois personnes. C’est alors que l’agent de sécurité intervient. Il l’affirme : « Ils se chiffonnaient, ils s’arrachaient les t-shirts », décrivant une situation qui risquait alors de dégénérer.
Pour rétablir l’ordre, l’homme utilise une bombe lacrymogène, aspergeant l’un des hommes. « J’ai préféré gazer plutôt que ça parte en cacahuète en plein milieu d’une terrasse de Biscarrosse-Plage, en pleine saison », se justifie-t-il à la barre. Il affirme avoir agi sous la menace et pour éviter que la bagarre ne se poursuive.
Mais selon l’accusation, ce geste pose un problème : la légitime défense peut-elle être invoquée lorsqu’aucun coup n’a encore été porté contre lui ?
Face aux juges du tribunal correctionnel de Mont-de-Marsan, l’agent de sécurité maintient sa version. « C’était mon boulot. Je devais éviter que ça dégénère », soutiens-t-il. Pourtant, plusieurs contradictions arrivent. Il affirme avoir reçu la bombe lacrymogène d’une serveuse, mais les témoignages contredisent cette version : il serait allé la chercher lui-même derrière le bar. L’agent insiste : il n’a visé qu’un seul individu, et non le groupe entier. « Je ne gazais qu’une seule personne », répète-t-il. Mais alors, pourquoi ne pas avoir simplement séparé les perturbateurs ? C’est la question que soulève la procureure de la République.
La procureure démonte l’argument de la défense : « La légitime défense, c’est lorsqu’on est victime d’une agression et qu’on y répond de manière proportionnée. Ce n’est pas une action préventive », rappelle-t-elle. Autre élément aggravant : l’accusé possède un casier judiciaire. La magistrate requiert alors une peine alternative à l’emprisonnement : « 30 jours-amendes à hauteur de 10 euros », soit une sanction financière de 300 euros.
Le tribunal suit ces réquisitions et condamne l’agent de sécurité à 300 euros d’amende. L’homme encaisse le jugement avant de rappeler timidement : « Je fais mon boulot, je vous demande pardon ».
La procureure, elle, met en garde : « La prochaine fois, ce sera une peine ferme ». Un avertissement clair pour l’accusé, et pour ceux qui pourraient être tentés d’utiliser une arme dans un contexte similaire.